Tisser du fil et tisser des liens: un projet solidaire au Kerala.
- international538
- 13 janv.
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Dix élèves du Lycée professionnel Jean de Berry de Bourges s’apprêtent à vivre une aventure humaine et solidaire hors du commun. En collaboration avec l’association A.S.I.E, implantée en Inde depuis 2011, ils participeront à la réparation de métiers à tisser artisanaux dans le village de Chenda Mangalam, au Kerala, dans le sud de l’Inde. Leur mission : contribuer à la renaissance d’un savoir-faire ancestral et soutenir l’autonomie de collectifs de femmes tisserandes.
Un village meurtri par les catastrophes…
En 2018, des pluies diluviennes provoquent de violents glissements de terrain au Kerala. Le village de Chenda Mangalam est submergé par la boue, parfois jusqu’au toit des maisons. Les ateliers de tissage, cœur de l’activité économique locale, sont lourdement endommagés. Grâce à une mobilisation extraordinaire, les femmes du village déblayent les ateliers et relancent leur production de tissus traditionnels, réputés dans tout le sud de l’Inde.
Mais quelques années plus tard, la pandémie de Covid-19 frappe à son tour. La production artisanale s’effondre, plusieurs tisserandes perdent la vie, et d’autres sont contraintes de quitter le village pour survivre dans les bidonvilles de Cochin, la grande ville voisine.
Le savoir-faire local, transmis de génération en génération, se retrouve menacé.
Face à cette situation, l’association A.S.I.E sollicite le Lycée Jean de Berry pour une aide technique essentielle : rénover les métiers à tisser détruits afin de permettre aux collectifs de femmes de relancer pleinement leur activité.
Les dix lycéens engagés dans ce projet solidaire interviendront directement dans les ateliers.
Leur objectif est de remettre en état davantage de métiers à tisser pour que les femmes puissent former de nouvelles tisserandes et retrouver une autonomie économique durable.
Le poste principal de dépenses reste le coût élevé du transport aérien, indispensable pour rejoindre le Kerala. Sur place, pour limiter les frais, les élèves vivront au plus près de la population locale, en partageant son quotidien. Cette immersion renforcera non seulement leur expérience humaine, mais permettra également d’optimiser l’utilisation des fonds collectés.
Des bénéficiaires largement concernés
La remise en état des métiers à tisser profitera directement aux collectifs de femmes tisserandes, dont le tissage représente souvent l’unique source de revenus.
En retrouvant leur autonomie financière, elles pourront assurer la subsistance de leurs familles et reconstruire leurs ateliers.
Au-delà de l’aspect économique, ce projet contribue aussi à préserver un patrimoine culturel précieux. L’artisanat du tissage manuel fait partie de l’identité de Chenda Mangalam, un village déjà connu pour son temple, son musée et ses paysages de backwaters. La relance de cette activité renforcera également son attractivité pour l’écotourisme indien.
Cette mission ne se limite pas à un simple chantier technique : c’est un échange interculturel et une expérience formatrice pour ces jeunes engagés.
Encadrés par A.S.I.E, accompagnés par les collectifs de femmes tisserandes et les organisations locales Neyth Kaari et Ecoventure, ils participeront à une action concrète, solidaire et porteuse de sens.
En tissant des fils, ils tisseront aussi des liens : entre deux cultures, entre jeunes et artisanes, entre passé et avenir.



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